Compte-rendu Éclairages Publics avec Thomas Courbe du 6 février 2025
A l’occasion de l’évènement Éclairages Publics du 6 février 2025, le Cabinet SAMMAN a organisé un échange avec Thomas Courbe, Directeur général de la Direction Générale des Entreprises (DGE) du Ministère de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique et représentant de la France au sein du Comité européen de l’Intelligence artificielle (IA).
Lors de cette rencontre, Thomas Courbe a évoqué les leviers d’action de la France et de l’Union européenne pour faire de l’IA un moteur de croissance pour les entreprises ainsi que la stratégie de la DGE à la veille du Sommet sur l’action pour l’IA à Paris des 10 et 11 février 2025. Thomas Courbe a rappelé que ce sommet a rappelé que le sommet avait pour objectif principal de démontrer et de valoriser les apports de l’IA à la société et aux entreprises.
Cet échange a permis aux participants de discuter plus largement des impacts de l’IA sur le monde du travail et le secteur public ou encore de la tension entre régulation et innovation.
Sur le positionnement français dans le déploiement de l’IA
- La France veut être un leader de l’IA en se positionnant en amont et en aval de la chaine de valeur ;
- Comme en témoigne l’annonce le 6 février des 35 sites retenus pour accueillir en France des centres de données pour l’IA, la France se positionne comme un hub d’infrastructures pour l’IA. La DGE accompagne et soutient financièrement 70 startups sur le développement des modèles. Si la France avance sur le développement des puces IA embarquée, la production des puces est un sujet qui doit être porté au niveau de l’Union européenne (UE) ;
- La France est dans la moyenne de l’UE en termes d’adoption de l’IA mais encore loin des Etats-Unis et de la Chine. Les enjeux de l’adoption de l’IA passent davantage par la révélation de l’offre, sa qualification et la confiance que par le financement. A ce titre, la DGE a mené une opération de recensement de solutions d’IA génératives puissantes et réplicables dans différentes applications tout en travaillant à sensibiliser les TPE-PME ;
- La structuration des données des entreprises est un prérequis dans l’adoption de l’IA et le soutien à la transition numérique holistique des entreprises ne doit pas être délaissée.
Sur la règlementation de l’IA
- Le règlement européen sur l’IA vient répondre à une forte demande de la société de protection face aux risques que présente l’IA. Ce règlement constitue un avantage pour l’innovation en ce qu’il introduit de la confiance et de la sécurité juridique.
- La France veille à ce que la réglementation accompagne l’innovation, en préservant l’approche par les risques qui adapte les obligations aux risques encourus, ou en révisant les critères pour les modèles d’IA à usage général présentant des risques systémiques.
Sur la gouvernance de l’IA
- Au niveau européen, il y a un consensus sur les principes fondamentaux tels que le soutien de l’innovation, simplicité et lisibilité du cadre réglementaire ;
- Les Etats membres peuvent néanmoins adopter des approches différentes qui se traduisent dans le choix de l’autorité de régulation nationale ;
- La France envisage notamment une gouvernance partagée entre la DGE et la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF).
Sur les impacts de l’IA sur le travail et le secteur public
- L’IA a un impact positif sur la productivité et la qualité du travail, il y a peu de cas de substitution. Selon la DGE, les gains de productivité de l’IA générative sont particulièrement forts pour les petites entreprises et certaines professions libérales ;
- A l’échelle du secteur public, chaque ministre va publier une feuille de route de déploiement de l’IA dans son ministère et se poser la question du « make or buy » pour déployer une offre interne ou adopter une offre de marché.


