Le 21 novembre dernier, le Cabinet SAMMAN a eu le plaisir d’organiser dans le cadre des Éclairages Publics un échange avec Frédéric Potier, délégué général de Régions de France, essayiste et romancier.
Haut-fonctionnaire diplômé de l’école nationale d’administration (ENA, devenue INSP), Frédéric Potier a expliqué les raisons pour lesquelles il écrit des romans policiers, qui lui permettent de toucher un lectorat très large et au-delà des classes sociales.
Fin connaisseur du fonctionnement de l’État et de ses différents rouages, l’écriture de romans lui permet d’explorer avec recul les fragilités démocratiques et d’assouvir sa passion pour l’histoire de France.
Complotisme, crises politiques, extrémismes, ingérences étrangères, rôle des réseaux sociaux… Autant de sujets qui ont fait l’objet d’échanges et de discussions animées avec les participants.

Sur l’écriture de romans et le choix de leurs sujets
- Dans son premier roman, il dissèque la mécanique et narre une tentative de coup d’État en France à une époque contemporaine.
- Il s’attache particulièrement à dévoiler les coulisses du pouvoir et à explorer ce que Romain Gary appelait la « marge humaine », c’est-à-dire les variables humaines dans les situations de crise qui font les rebondissements des romans policiers.
Sur le complotisme
- Le complotisme est une vision globale du monde. Il est alimenté par les séries et la culture pop qui le rendent attirant. Pourtant, comme le disait l’ancien Premier ministre Michel Rocard, il faut « toujours préférer l’hypothèse de la connerie à celle du complot. La connerie est courante. Le complot exige un esprit rare ».
- Du complotisme sont nés des notions telles que celle de l’ « état profond » ou du « grand remplacement », qui n’ont aucun fondement solide.
- L’Etat essaie depuis de nombreuses années de trouver une parade à la circulation des rumeurs ou des fausses informations, qui n’ont pas attendu l’ère des réseaux sociaux pour prospérer. Des medias ont par exemple mis en place des dispositifs de « fact checking ». Désormais l’enjeu des décideurs publics est de les rendre plus performants et adaptés aux nouveaux modes de communication.
Sur la guerre de l’information et les ingérences étrangères
- Les ingérences étrangères sont nombreuses mais se différencient dans leurs modes d’action. L’influence de la Chine se distingue par exemple de celle de la Russie par une agressivité affichée moindre et son déploiement sur un temps plus long.
- Il cite notamment l’auteur Giuliano da Empoli pour illustrer que l’objectif de la Russie n’est pas de convaincre que l’autoritarisme est le meilleur modèle, mais de démontrer que la démocratie est devenue impossible à vivre.
- Le retrait de la France en Afrique s’explique par sa défaite dans la guerre informationnelle, notamment en raison de la faible prise en compte de l’importance des médias locaux.


